Laïcité: Angers 2012, congrès de l'UNSA Education

Publié le par unsa-education-marne.over-blog.org

Angers Eric

 

Intervention

Eric HEBRARD

Secrétaire Départemental

UNSA Education Marne (Section Régionale Champagne-Ardenne)

Congrès ANGERS 28 mars 2012

 

Mes chers camarades,

NON, la laïcité n’est pas une valeur ringarde.

NON, la laïcité n’est pas une valeur du passé.

La laïcité est au contraire une valeur plus que jamais actuelle, une valeur intemporelle, qui doit en tout temps, en tous lieux, être défendue et sans cesse promue.

La Laïcité est UNE et indivisible.

Le principe de laïcité, qui exprime les valeurs de respect, de dialogue et de tolérance, est au cœur de l’identité républicaine de la France où tous les citoyens ont à vivre ensemble.

Elle fait partie de notre ADN, elle est l’ADN de notre fédération.

La laïcité est à la fois un idéal politique et le dispositif juridique qui le réalise.

L’idéal politique vise à la fondation d’une société de droit mettant en jeu les principes de liberté de conscience, d’égalité, de priorité absolue au bien commun.

Le dispositif juridique assure et garantit la mise en œuvre de ces principes en séparant l’Etat et les institutions publiques, des Eglises, et plus généralement des associations constituées pour promouvoir des particularismes.

La distinction juridique du public et de privé est essentielle car elle permet de concilier, sans les confondre, le sens de l’universel qui vivifie la sphère publique d’une part et l’expression individuelle ou collective des particularités qui se déploie à partir de la sphère privée d’autre part.

OUI la Laïcité est un idéal de concorde : elle recouvre l’union de tout le peuple sur la base de trois principes indissociables inscrits dans le triptyque république, qu’elle explicite et spécifie au regard de la diversité spirituelle des citoyens :

La liberté de conscience, que l’école publique entend asseoir sur l’autonomie de jugement.

L’égalité de tous, sans distinction d’options spirituelles ou de particularismes et sans aucune discrimination.

L’universalité d’une loi affectée exclusivement à la promotion du bien commun.

 Alors mes camarades, ainsi comprise, la Laïcité, c’est le souci d’exclure tout privilège mais aussi tout facteur de dépendance ou de mise sous tutelle.

Elle constitue le cadre qui rend possible la manifestation de la diversité sans morcellement communautariste de l’espace civique, préservé à la fois comme fondement de paix et comme horizon d’universalité.

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Attentive à l’émancipation de la personne humaine sur les plans intellectuel, éthique et social, la Laïcité de la république est garante du fondement d’un monde commun à tous par delà les différences.

Hier, par à-coups, aujourd’hui de façon insidieuse, certains partis politiques n’ont de cesse de remettre en cause la Laïcité de la République, et par là-même la Laïcité de l’Ecole.

Rappelons que sans la laïcité de l’Ecole, il n’y aurait pas eu la laïcité de la République.

Nous avons toutes et tous ici, en mémoire, l’allocution du Président de la République Sortant, dans la salle de la signature du palais du Latran à Rome le jeudi 20 décembre 2007.

Nous avons toutes et tous ici, en mémoire l’allocution de ce même Président de la République sortant, devant le conseil consultatif à Riyad le lundi 14 janvier 2008.

Vous en conviendrez, les propos qu’il a tenus ne peuvent être portés par un Président de la République.

Il faut que cela change.

Sur le plan des dispositifs juridiques, nous avons tous aussi en mémoire, l’accord KOUCHNER – VATICAN, la loi CARLE dont nous revendiquons l’abrogation.

N’oublions pas, non plus, que nombre de partis politiques, de gauche comme de droite,  qui sollicitent nos suffrages en cette période électorale, ne donnent pas toutes les garanties, quant à l’abrogation des lois et dispositifs, visant à favoriser l’enseignement privé, ou à l’aligner sur l’enseignement public.

N’oublions pas, également, que des collectivités locales et territoriales, de droite comme de gauche, oublient les principes fondamentaux de la laïcité de l’Ecole et de la République, au nom d’une égalité mal comprise, d’une paix scolaire supposée qui tend à institutionnaliser le dualisme scolaire.

Mes camarades, dans un monde où les nations reposent sur des populations marquées par une diversité croissante d’origines culturelles, seul un cadre politique et juridique fondé sur les principes universels de laïcité, garantit l’intégration de tous et le vivre ensemble.

Avec et au-delà de sa mission de transmettre des savoirs, des savoirs faire, des savoir être, l’essence même de l’Ecole doit s’inscrire dans une perspective toujours réaffirmée à la fois humaniste et républicaine, une Ecole qui se doit d’être fidèle aux Lumières et dont la mission est d’être émancipatrice.

Je veux conclure mon propos, en vous disant que je participe sans doute à mon dernier congrès fédéral, l’âge de la retraite arrive.

Alors je me souviens de mon premier congrès de la FEN à Avignon en 1982, quant jeune militant, plein de fougue et d’enthousiasme nous affirmions avec Michel BOUCHAREISSAS alors secrétaire général du CNAL :

Je le cite :

«  Il s’agit de s’attaquer à l’ensemble de la législation qui régit l’institution scolaire, actuellement en France. Nous sortons de 20 années d’asphyxie de l’Ecole Laïque ouverte à tous et même de discrédit organisé par le pouvoir de droite. C’est une véritable catastrophe, on a fini par institutionnaliser deux systèmes concurrents dont l’un est confessionnel à 95%.

Il nous faut bâtir l’Ecole de l’an 2000, celle qui rassemblera tous les élèves, celle qui respecte leur conscience. Parce que l’Ecole sera devenue la priorité des priorités de la nation française, elle conduira les élèves au maximum de ce qu’ils peuvent faire de leur vie, c’est cela notre grande ambition. »

Et nous disions ensemble que pour nous la laïcité était un enjeu de société, nous disions que cela devait toucher à la société toute entière, aux institutions de la république et bien évidemment à la question de l’enseignement.

Mes camarades, 30 ans après, presque jour pour jour, les choses ont-elles fondamentalement changé ?

Le combat pour la laïcité de l’Ecole, pour la laïcité de la république est un combat permanent.

Ce sont sur ces fondements que s’est bâtie la FEN, c’est toujours sur ces fondements que se développe l’UNSA Education.

Soyons toujours offensifs pour l’avenir.

Sans Laïcité, il ne peut y avoir de Liberté.

Sans Liberté, il ne peut y avoir d’Humanité.

Merci Patrick, pour ces dix années en poste de responsabilité à la tête de notre fédération, merci Patrick pour avoir porté haut et fort les valeurs de notre UNSA Education.

 

 

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Publié dans Laïcité

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