Formation: Stagiaires - Tuteurs, le découragement

Publié le par unsa-education-marne.over-blog.org

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Non Monsieur Sarkozy, votre « formation » des enseignants n’est pas bonne.
Deux heures de monologue télévisuel ne suffiront pas à nous convaincre. Cette absence de formation des enseignants est dramatique, elle génère abattement et découragement des stagiaires comme des tuteurs.
C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête conduite par le SE-Unsa. Peut-être devriez-vous la lire Monsieur le Président ?

 

Les résultats des enquêtes lancées par le SE-Unsa en direction des stagiaires et des tuteurs livrent un constat sans appel : la lassitude et le découragement gagnent nos collègues.

 

Du côté des stagiaires, le manque de temps et la charge de travail empêchent tout processus de formation de se mettre en œuvre. Les échanges avec les tuteurs, la formation à la gestion d’un groupe, les critères de tutorat et d’évaluation sont flous, insuffisants pour plus de 80% des stagiaires. La même proportion a le sentiment de ne pas être formée. Le second degré fait état de difficultés encore plus importantes. Pourtant, les stagiaires croient encore en un métier qu’ils ont choisi et pour lequel ils consentent des efforts extrêmement importants.

Néanmoins et c’est le second fait marquant de cette enquête, 8% d’entre eux affirment ne pas vouloir , à ce jour, poursuivre dans ce métier. C’est dix fois plus que l’an dernier. Rapporté aux 15000 stagiaires, cela représente un échec pour 1200 d’entre eux. Ce serait une catastrophe et un gâchis humain sans précédent.

 

Les tuteurs font également état de la même lassitude. 55% affirment ne pas continuer à assurer cette fonction l’an prochain. Professionnels de la formation, ils jettent un regard extrêmement critique et amer sur les contenus et les dispositifs mis en œuvre. Le manque de temps pour rencontrer les stagiaires, le peu de reconnaissance financière, les conditions de titularisation sont les points saillants expliquant leur défiance.

 

C’est donc tout naturellement que les propositions du SE-Unsa recueillent un avis favorable pour près de 90% des stagiaires et des tuteurs.

 

 

Bilan Enquête auprès des stagiaires

Cette enquête a porté sur les stagiaires des premier et second degrés, du 11 au 31 janvier 2011. Elle a recueilli 998 réponses soient 7% du public concerné. L’origine des réponses est équilibrée : 50% du premier degré, 50% du second degré.

 

La grande majorité d’entre eux (59%) étaient en première année d’IUFM l’an dernier, 9% étaient contractuels ou vacataires. Les autres viennent d’horizons multiples (université, salariés du privé, fonctionnaires)

60% ont fait un ou plusieurs stages d’observation dans une classe. 16% ont effectué un ou plusieurs stages en responsabilité.

Ils se sont très vite retrouvés seuls en classe, dès la rentrée pour 60% d’entre eux, en novembre pour 32%.

 

Un manque de temps dans tous les domaines

Le premier élément marquant se traduit pour 84% des stagiaires par le sentiment de ne pas être bien formés. Ils sont demandeurs de formation sur la gestion d’un groupe (45%), d’expériences d’observation et d’échange de pratiques (37%). A noter qu’une formation aux règles de sécurité ne recueille que 9% des suffrages.

 

Ils indiquent manquer de temps à tous les niveaux :

- pour préparer leurs cours : 82%

- pour appliquer les conseils des formateurs : 81 %

 

Une charge de travail démesurée

78% d’entre eux indiquent que la charge de travail est plus ou beaucoup plus importante que ce qu’ils imaginaient.

 

En ce qui concerne les échanges avec leur formateur ou leur tuteur, depuis le début de l’année scolaire, 65% l’ont rencontré plus de cinq fois, 19 % de trois à cinq fois.

 

Les principaux griefs concernant le système de formation sont :

- une charge de travail trop importante pour 76%

- un manque de temps pour rencontrer le formateur (41%)

- un manque d’information sur le dispositif de formation (41%)

- des critères de tutorat trop flous (37%)

 

Les dispositifs existants cette année ne les satisfont pas.

29 % des stagiaires premier degré indiquent préférer l’alternance deux jours en classe/deux jours en formation. Pour le second degré, le dispositif qui recueille le moins de rejet consiste en une formation filée un jour par semaine et le reste du temps en classe (Seulement 26%).

 

Un fort contingent de démissions possibles

Malgré tout, 75% disent s’épanouir dans leur travail et 92% envisagent de poursuivre leur carrière d’enseignant. On pourrait en conclure que tout n’est pas si grave. Néanmoins, si la proportion de 8% qui envisagent de démissionner est rapportée à la population totale, cela fait 1200 démissions potentielles soit 10 fois plus que l’an dernier pour un nombre inférieur de stagiaires. C’est un élément extrêmement préoccupant.

 

 

 

Bilan de l’enquête formateurs Janvier 2011

Les formateurs et/ou tuteurs exercent dans le premier (60%) ou dans le second degré (40%). Les trois quarts d’entre eux sont tuteurs d’un(e) stagiaire. Si la majorité a été volontaire, il faut noter que 17% ont subi des pressions voire une injonction pour accomplir cette tâche. Pour plus de la moitié des sondés, il s’agit là d’une expérience nouvelle.

 

Un manque de temps avéré et préoccupant

 

Le premier fait marquant de cette enquête montre que 75 % manquent de temps pour exercer cette mission. Parmi ceux qui l’ont déjà fait en 2009-2010, les trois quarts mentionnent une charge de travail plus voire beaucoup plus importante que l’an dernier.

A cela s’ajoute le sentiment de ne pas être bien formé en parallèle d’une demande de master de formateur d’adultes, d’une reconnaissance financière plus importante et d’un dispositif d’échange de pratiques.

 

Un dispositif insatisfaisant, des critères flous

 

75 % estiment la formation peu ou pas satisfaisante

o 62 % par manque de temps pour rencontrer le stagiaire

o 60 % car la charge de travail du stagiaire est trop importante

33 % connaissent peu ou pas les modalités d’évaluation du stagiaire. Quand ils les connaissent, plus de la moitié d’entre eux les jugent insatisfaisantes.

C’est donc fort logiquement que 75 % pensent que l’an dernier, les conditions offertes aux stagiaires étaient meilleures.

 

Une envie de laisser tomber

 

Tous ces éléments conduisent ainsi à la conclusion logique de ne pas poursuivre leur mission pour plus de la moitié des formateurs/tuteurs.

C’est là un élément nouveau dans le paysage dont le Ministère aurait intérêt à tenir compte.

 

 

 

 

 

Le projet de formation de l'UNSA
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Publié dans Education

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