Actualités syndicales UNSA Education
Budget 2012: le "sur-mesure" de Luc Chatel vire à la mise en pièces
Le gouvernement persiste... dans l'erreur. Deux jours après une forte mobilisation dans l'éducation, il confirme son travail de sape dans l'Education nationale. Alors que les personnels, les élus, les parents lui demandent d'arrêter une politique qui déséquilibre certains territoires, déstabilise des équipes éducatives, pénalise les élèves, il annonce qu'il supprimera l'année prochaine 14 000 emplois de plus dans l'éducation.
Augmentation de la taille des classes, suppressions des remplaçants, des intervenants extérieurs, déclin de la scolarisation entre deux et trois ans etc.: le ministre de l'Education nationale tente de maquiller la réalité par un "storytelling" répétée jusqu'à l'épuisement. La population n'y croit plus. Prétendre qu'on "personnalise l'enseignement" quand un tiers des établissements doivent renoncer à des cours à effectifs réduits (1), c'est mentir.
Pour Luc Chatel, "la vraie question d'aujourd'hui, c'est le sur-mesure". Cela fait longtemps que le gouvernement n'ajuste plus: il met en pièces.
(1) Enquête du SNPDEN-UNSA: http://is.gd/6v3bSN
Centres régionaux de documentation pédagogique (CRDP) : des suppressions d'emplois mortifères
Des correspondants UNSA Éducation basés dans les Centres régionaux de documentations pédagogiques (CRDP)* nous remontent l'information de deux séries de suppressions de postes. Une première est prévue dans un projet de contractualisation entre le CNDP et les CRDP pour la période 2012-2014 avec une diminution systématique d’emplois dans tous les CRDP (très importante dans un certain nombre d’entre eux), avec une diminution importante du plafond d'emplois. Une seconde vient d'être demandée de façon très discrète et en dernière minute, par le ministère de l'Éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. Il semblerait, là encore, qu'elle touche tous les CRDP. Mais la loi du silence règne.
Ces suppressions, rajoutées aux différentes mesures de gel de postes déjà prises, sont inacceptables car elles vont entraîner des disparitions de pans entiers de compétences, de savoir-faire et de métiers dans les CRDP au cours des prochains mois. Elles empêcheront les CRDP d’exercer leurs missions par manque de moyens humains indispensables. Elles risquent de précipiter la fermeture des structures les plus fragiles.
Or il faut rappeler que les CRDP et les CDDP sont de plus en plus sollicités par le ministère et les structures académiques, notamment pour l’utilisation des TICE** ou l’appui aux professeurs stagiaires ou néo titulaires dans le contexte catastrophique de la « mastérisation » qu’on connaît. Ils doivent aussi assurer leurs missions de proximité au service de la communauté éducative.
C'est encore un mauvais coup supplémentaire porté au moral du personnel du réseau SCEREN, qui par son professionnalisme et son attachement au service public, se bat pour maintenir un service de qualité malgré toutes les entraves. À force de raboter des postes, que va-t-il rester demain des missions de service public du réseau SCEREN ?
La fédération UNSA Éducation et ses syndicats nationaux (A&I-UNSA, SE-UNSA, SNPTES-UNSA) se battront aux côtés des personnels pour maintenir un service public de documentation pédagogique de qualité. Au-delà, l’UNSA Éducation réaffirme la nécessité d’un débat sur les perspectives des opérateurs éducatifs nationaux** en termes de périmètre, de missions et de moyens, comme elle l’a rappelé récemment au ministre de l’Éducation nationale.
* Le réseau Scéren comprend un établissement national « tête de réseau » (le Centre national de documentation pédagogique ou CNDP) et des centres régionaux (CRDP) à raison d’un par académie.
** Les opérateurs éducatifs sont des établissements publics assumant des missions nationales placés notamment sous la tutelle des ministères « éducatifs » (Éducation nationale ; Enseignement supérieur et Recherche) tels que le réseau Scéren-CNDP, le CNED, le CIEP, l’ONISEP, le CEREQ
Budget 2012 : Pourquoi tant d’acharnement contre l’École ?
L’annonce de la suppression de 14 000 postes supplémentaires au ministère de l’Education nationale sonne comme une claque envers les milliers de parents et d’enseignants qui se sont mobilisés mardi dernier. Malgré la succession de rapports unanimes pointant l’étranglement et l’affaiblissement de notre École, le gouvernement persiste dans son acharnement.
L’enseignement public est délibérément affaibli. Comme l’an dernier, l’enseignement privé se trouve singulièrement épargné. Alors qu’il représente 20% des moyens, 90% des retraits d’emplois vont frapper le service public.
5700 suppressions sont annoncées dans les écoles. Comment dans ces conditions honorer la promesse présidentielle de maintien du nombre des classes à la rentrée 2012, si ce n’est
- en sacrifiant la scolarisation des deux ans déjà exsangue,
- en renonçant un peu plus à la prise en charge de la grande difficulté par des enseignants spécialisés,
- en liquidant les emplois d’animateurs TICE ou de langues vivantes,
- en réduisant à peau de chagrin les moyens de remplacement.
Alors même que l’OCDE pointe la faiblesse des taux d’encadrement dans le premier degré, le ministère accentue sa pression sur l’école primaire.
Au collège, l’arrivée des générations du baby-boom des années 2000 se traduit par une augmentation très importante des effectifs. Malgré cela, le ministère, dans son aveuglement idéologique, annonce 6550 suppressions dans le second degré. Les effectifs par classe vont continuer à croître et la possibilité de financer les enseignements obligatoires est désormais clairement menacée. Quant à la diminution des moyens de remplacement amorcée depuis trois ans, elle ne peut que s’accentuer au détriment de la continuité des enseignements.
Avec ce budget, ce sont près de 80 000 emplois qui seront passés à la trappe durant le quinquennat. L’École est aujourd’hui volontairement affaiblie. Pour le SE-Unsa, l’Education est un droit. A ce titre, elle ne peut que relever du service public. La balle est maintenant dans le camp des parlementaires qui peuvent encore infléchir ces orientations.
Face à cette politique destructrice pour les élèves et leurs enseignants, le SE-Unsa appelle les personnels à s’associer à la journée d’action interprofessionnelle du 11 octobre prochain.
La prévention du suicide des enfants, une mission du personnel infirmier scolaire
Boris Cyrulnik vient de remettre son rapport sur la prévention du suicide des enfants. 13 propositions concernent le milieu scolaire. Le SNIES UNSA Education partage son avis. Syndicat du personnel infirmier scolaire, il tient à rappeler que beaucoup d’enfants sont déjà accueillis en consultation infirmière dans les écoles. Ils y reçoivent une écoute attentive de leurs besoins. Les maux peuvent s’exprimer en mots. Le personnel infirmier est un des « traits d’union » entre les enseignants et les familles, participe à des groupes de parole lors de situation difficiles, lutte contre le harcèlement, offre un soutien aux parents en difficulté, en coordination avec l’équipe éducative.
Cette mission éducative et de prévention n’est pas reconnue par le ministère de l’Education nationale. Le SNIES UNSA Education déplore le manque d’attractivité de l’exercice de cette profession en milieu scolaire qui est toujours en attente d’une juste reconnaissance catégorielle du diplôme grade licence par la Fonction publique.
Il serait dommage de se priver de ce personnel dans la mise en œuvre de cette prévention, en raison de difficultés de recrutement.
Le conseil syndical du SNIA IPR UNSA s'est tenu le 28 septembre 2011 à Ivry sur Seine au lendemain de la journée de grève et des manifestations nationales de l'enseignement public et de l'enseignement privé du 27 septembre. La mobilisation des IA-IPR est forte en cette période de préparation des élections professionnelles du 13 au 20 octobre 2011.
Tenant d'un syndicalisme réformiste, sérieux, responsable, qui ne se paie pas de mots, il a constitué une liste plurielle assurant une représentation totale du corps, dont 3 femmes éligibles sur une liste de 10 candidats.
Opposé au décret sur la nouvelle gouvernance, il tient à faire connaître les dangers d'une réforme hâtive mettant entre les mains du seul recteur entouré d'une équipe réduite, la responsabilité de l'éducation dans le secteur territorial de l'académie. Par la multiplicité des missions données aux IA-IPR dans l'accompagnement des réformes ministérielles, dans le conseil aux établissements et à leurs chefs, dans l'inspection et la formation des personnels titulaires et des stagiaires placés directement dans les classes, les IA-IPR estiment nécessaire que place leur soit accordée. La seule expertise pédagogique ne suffit pas à éclairer un recteur dans la conduite de la politique éducative, les doyens des corps d'inspection doivent pouvoir être associés au premier niveau de décision.
L'action quotidienne des IA-IPR dans les établissements du second degré est fondamentalement différente de celle des inspecteurs de l'éducation nationale dans les écoles maternelles et élémentaires, ce qui nécessite le maintien de deux corps différents et non la création d'un corps unique d'inspecteurs.
La réflexion actuelle, dans le cadre de l'agenda social, conduit à proposer des évolutions des missions articulant évaluation/contrôle des enseignants et accompagnement des établissements.
Les IA-IPR réaffirment leur attachement au caractère national de leur corps en lien avec l'Inspection Générale de l'Education nationale.
Education : le grossier racolage du Front national
A l'occasion d'un colloque intitulé "Comment redresser l'école de la République?", la présidente du Front national a tenté une manœuvre qui ne trompera pas les personnels tant elle est racoleuse. Marine Le Pen invoque un "malentendu" entre son parti et les enseignants. C'est au contraire parfaitement clair: le Front national porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’École. Le projet de société du Front national reste basé sur l'exclusion, le rejet de l'Autre, l'intolérance.
Durant de nombreuses années, le Front national a attaqué durement les fonctionnaires et l’École publique. Il y a quelques mois, Jean-Marie Le Pen parlait encore de la "racaille enseignante".
Marine Le Pen essaie de repeindre l'enseigne du Front national mais les idées défendues par son parti n'ont pas changé. La "préférence nationale" et son lot de discriminations, l'immigration utilisée comme vecteur de haine ou son douteux combat pour une "laïcité" qui n'a rien à voir avec la laïcité de la République sont autant de marqueurs indélébiles.